05 décembre 2012
C'est moi le chef !
Dimanche 02 Décembre
Aujourd'hui, c'est mon 1er jour officiel en tant qu'accompagnatrice de bus avec les enfants. Le temps d'amener Gab à la maternelle, nous allons au point de R.V.. Je suis prête, ma liste de présence à la main afin de cocher les enfants au fur et à mesure de leur arrivée (il s'agirait de ne pas en oublier). Je suis un peu fébrile tout de même, c'est une responsabilité, et en plus, les deux dernières fois que j'ai pris le bus, il y a eu son lot d'imprévus, et je me suis vue accompagnatrice au lieu d'observatrice, à cause de la défection de dernière minute des parents ! Qu'est ce qui va m'attendre aujourd'hui ? Mystère et boule de gomme ! Dans mes réflexes tout "germaniques", je suis donc 10 bonnes minutes en avance, vous me connaissez ! Et là, Geoffrey et moi attendons, attendons, attendons,....Les enfants arrivent au compte goutte vers 08h-08h05 ! Le bus n'était pas très en avance ce matin lui non plus, mais quand même, je trouve ça exagéré ! Il a même fallu téléphoner à un parent car il manquait encore son fils ! Même notre chauffeur Ali me montre qu'il est l'heure d'y aller (si lui le dit, c'est que vraiment, il est largement temps !). Nous partons il est 08h10 passé ! Le bus de la ligne D4 qui est aussi dans notre rue est déjà parti depuis au moins 10 minutes, comme d'hab ! Sur cette ligne au moins, les parents sont à l'heure, tandis que sur la nôtre, c'est la galère ! Même le deuxième parent qui accompagne avec moi est en retard !Pff!! J'ai bien envie de le signaler à la responsable de la ligne, quitte à faire ma "mère ronchon" à peine arrivée, mais bon, il est peut être bon de faire un petit rappel quant au respect des horaires. Les parents de la D4 y arrivent, il n'y a pas de raison que ceux de la D5 ne le puisse pas ! La route se passe bien, si ce n'est que nous sommes obligés de traverser un terrain vague à cause de travaux, et faisons du bus-4 (contraction de bus et 4x4), mais le bus n'est vraiment pas fait pour ça. Si nous restons bloqués, ça risque d'être fun! Ouf, non ! Le temps d'arriver, nous entendons déjà la cloche sonner, nous conduisons les 2 plus petits à leur classe, les autres y vont seuls. Moins une, d'autant plus qu'en arrivant, pas moyen de garer le bus, alors que les emplacements sont réservés pour faire descendre les enfants en toute sécurité. Ah oui, la police est là pour faire la circulation, c'est pour ça que c'est l'anarchie ! Les agents ont laissé les voitures privées se garer à la place des bus, ce qui a rendu furieux un papa qui s'est empressé de téléphoner au commissariat pour le signaler, devant les agents qui n'en avaient visiblement rien à faire (pour ne pas dire pire). Je crois bien que des "noms d'oiseaux" ont volé entre le papa et les agents !
Bon retour à la maison, il me reste un peu plus de 2 heures avant de repartir. Un petit tour à Djibouti Télécom pour souscrire un nouvel abonnement internet (et ne plus laisser mes fans en rade LOL). C'est enregistré, mais je dois revenir payer plus tard, je ne peux pas avoir la facture avant la fin de la souscription précédente, soit lundi 3 décembre (le jour c'est le jour, tiens les Allemands seraient ils passés à Djibouti aussi ?). Ben oui, je n'ai que ça à faire après tout ! Bref, il est temps de reprendre le bus pour chercher les grands. Je suis seule à l'arrêt, le parent n°2 est de nouveau en retard (il doit tout gérer seul, sa femme est en stage au Gabon, il court entre le boulot, les enfants, leur faire à manger, les courses,... Bienvenue dans le monde des femmes mon gars, nous on fait ça tous les jours 24h/24, 365 jours par an !). Bon, tout se passe bien, comme d'habitude, les enfants sont excités comme des puces, et comme d'habitude, des parents ramènent leurs enfants eux-mêmes sans nous prévenir et nous attendons pour rien ! J'ADOOOOOOOORE ! Il est temps de rentrer, Geoffrey et moi avons le ventre qui gargouille, il est 13h20 déjà. Le temps de faire à manger, Raf me raconte la blagounette de Gabriel à l'école : c'est lui qui était chargé de le chercher, mais seule l'Atsem le connaît, la maîtresse ne l'avait pas encore vu. Et quand Raf a réclamé Gabriel, et que la maîtresse lui a demandé si c'était bien son papa, Gab a répondu que non ! Du coup la maîtresse n'a pas voulu lui laisser ! Quel comique mon fils ! Ca s'est arrangé, l'atsem a confirmé, mais mon Raf a passé toute la journée à refuser les choses que Gab lui demandait en disant "ben non, puisque je suis pas ton père. Vas lui demander à lui" !!
Après-midi calme après un petit coup de fil à ma soeur et une conversation avec ma Vivi. Et toujours pas ce coup de téléphone tant attendu qui nous annoncerait enfin que la voiture est prête. Bon, pour me consoler, je vais préparer des spaghettis bolognaise. Puis me replonger dans mon roman. Bonne soirée à tous.
04 décembre 2012
Petite matinée au port
Samedi 1er Décembre
Je viens de passer 24h telle une larve, à me traîner de mon lit aux toilettes, et des toilettes à mon lit. Vous l'aurez compris, la petite bactérie qui fait de gros dégâts intestinaux a encore frappé, et c'est moi sa victime. Bon, il faut dire qu'en plus, je me suis un peu lâchée sur le chocolat hier, le verdict ne s'est pas fait attendre. Je vous épargne les détails, mais j'ai passé une nuit d'enfer (et seule puisque Raf avait décidé de déménager provisoirement dans le salon -euh le curé n'avait pas dit "dans la maladie comme dans la santé" ? Il me semble pourtant ! ). Résultat des courses, du linge à laver en pagaille (comme si je n'en avais pas assez), des toilettes que j'ai nettoyées je ne sais combien de fois, un stock de papier qui a chuté d'un coup (merci les gros volumes), un dégoût profond du chocolat pour un certain temps, un super régime smecta-riz, sans oublier que j'ai les traits tirés, des valises sous les yeux et que donc je suis aussi sexy qu'un égouttoir à vaisselle (celle là c'est spéciale dédicace à Marie-Paule). Bref, un épisode à oublier de toute urgence. J'espère au moins qu'avec tout ça, je vais avoir perdu une taille de pantalon ! Ce ne serait que justice !
Ce matin, je vais bien mieux. Heureusement, car nous avons une matinée chargée. Lever à 06h, Geoffrey a école. Je prépare des gaufres car nous sommes invités chez Aimé et Sacha pour le petit déjeuner ce matin. Leur maison est spacieuse, claire et joliment décorée de nombreux objets et meubles africains. On s'y sent bien. Nous prenons le petit déjeuner installés dans une véranda, tout y est, croissants, petits pains au chocolat (pardon, chocolatines pour nos amis Girondins !), mes gaufres et les pancakes d'Aimé, avec sirop d'érable of course. Nous sommes comme des rois. Après le petit déjeuner, nous partons pour la Pêcherie, afin d'acheter du poisson. Elle est située sur le port, après la zone de frêt. Pas mal de bâteaux stationnés, certains très beaux, d'autres à l'abandon ou très abîmés. A peine arrivés, les vendeurs nous tombent littéralement dessus ! Ils vendent à même le quai, les poissons sont entreposés dans des glacières. Sacha sait ce qu'elle veut, on voit qu'elle a une grande expérience de l'Afrique. Et il en faut pour ne pas se laisser vendre tout et n'importe quoi et imposer son choix. Ne pas perdre patience avec le gars qui veut lui vendre des daurades alors qu'elle veut des mérous (et pourtant tous ces hommes n'ont pas appris les techniques de vente dans les grandes écoles de commerce) ou avec celui qui veut lui dicter quelle taille de poisson elle doit prendre. Et une fois fini avec ça, il faut encore trouver le courage et la force de négocier les prix. Nous sommes arrivés un peu tard, il ne reste pas grand choix, il vaut mieux aller le matin vers 07h30. Je voulais des crevettes et des gambas, ce sera pour une prochaine fois. Au final je prends du capitaine, je ne connais pas ce poisson, il paraît que c'est très bon. Tous les poissons sont très frais ici, ils sont vendus dès la sortie de l'eau, comme à la Criée. Nous payons, et ensuite, il faut aller les faire préparer. Nous suivons nos vendeurs de l'autre côté du port pour la découpe. Inutile de croire qu'on va se tromper de chemin, il suffit de suivre mouettes et corbeaux. Nous arrivons sur un terrain vague (oui, encore un, c'est toujours une histoire de terrain vague ici). Chaque "découpeur" a délimité sa zone de découpe par quelques pierres mises en rond, avec un carton au milieu (alors sur le coup, je me serais cru sur un site Préhistorique) . La découpe se fait là, au milieu des chats errants, et des oiseaux qui se chamaillent les restes de poissons qui leur sont lancés. Il y a quelques têtes de poissons séchées ici et là sur le sol. Et quelques "cabanes" (et là je suis gentille) dont une qui vend les sachets (ou poches, toujours pour nos mais Girondins) pour emporter le poisson. Eh oui mes amis, ici tout est prétexte à faire de la vente (à noter pour la prochaine fois, amener mon sachet).
Le poisson est découpé à la machette (euh Monsieur, faites attention, c'est tranchant ça quand même) et écaillé avec un couteau tout aussi "ennemi n°1 de vos doigts". C'est vraiment étrange le décalage entre le poisson frais et tout cet espèce de bidonville autour. En tous cas, aucun des oiseaux autour de nous ne souffre de malnutrition. Nous payons les "découpeurs" et retour à la voiture, nous ne manquons pas de nous faire accoster à nouveau pour acheter d'autres poissons. Retour chez Sacha et Aimé, nous parlons des "bredele" de Noël que Sacha a choisi dans mon classeur, et RV est pris pour samedi prochain afin de les faire ensemble.
R.A.S. en ce qui concerne l'après-midi. Nous avions envisagé la plage un petit moment, mais RV manqué une nouvelle fois, Geoffrey semble avoir un petit dérangement identique au mien hier, nous reportons encore. Désolée, toujours pas de belle photo de plage sous le soleil. Patience ! Peut être un cadeau pour votre petit Noël (et le mien en passant, ça fait quand même 1 mois que je suis là, et toujours pas de plage). Bisous.
01 décembre 2012
Me revoilà
Mercredi 28 Novembre
Quelques jours de silence, nous avons fini notre carte pour la clé 3G, c'est fou ce que ça va vite. En plus, rien de bien nouveau à vous raconter des derniers jours, vous êtes déjà habitués maintenant aux chèvres qui se promènent dans les rues, à la conduite "auto-tamponneuses de fête foraine" des automobilistes, au sport national en vigueur à savoir le concert permanent de klaxon (pièce la plus importante d'une voiture, ici c'est une question de survie),....
Pour vous permettre de raccrocher les wagons et de reprendre le fil, je vais vous faire un petit résumé des jours précédents (même s'il n'y a pas eu énormément de nouveautés, chaque jour apporte ici son petit lot d'aventures) :
- une petite expédition pour aller chercher les enfants à l'école due aux rues barrées en ville, merci Mr Le Président de la Somalie ! (1km à pied, ça use, ça use, 2km à pied, ça use, ça use,....)
- un cours de danse pendant lequel je ne pensais qu'à prendre une douche, que je n'ai pas prise au final à cause d'une coupure d'eau. Résultat, toilette de chat comme j'ai pu avec un reste de l'eau de la gourde de Geoffrey et d'un fond de bouteille, donc genre 10cl d'eau dans mon lavabo (essayez, vous verrez ce n'est pas simple, d'autant plus si vous utilisez un gant de toilette couleur menthe verte, tout neuf, et donc qui déteint. J'ai beaucoup aimé la couleur "menthe à l'eau" de mon bac)
- une mauvaise surprise en découvrant de l'eau sur le sol de ma salle de bain, provenant de ma machine à laver qui fuit (mais ça je le savais déjà), mais en plus de mon lavabo n°2 (vous saviez déjà que le n°1 était inutilisable pour cause de fuite). En ouvrant les portes sous le meuble, horreur, les serviettes de toilettes trempées de flotte (et l'odeur en plus) depuis je ne sais combien de temps. Raf a démonté les portes qui sont sur le balcon pour sécher, en compagnie de mes serviettes, que je suis obligée de relaver et qui vont faire fuire ma machine à laver et remettre de l'eau sur le sol ! Cycle infernal ! Résultat, 2 lavabos dont je ne peux pas me servir. Reste à faire sa toilette dans la cuisine (mouais moyen- et là je lance un petit clin d'oeil à toute ma famille qui a connu les vacances à La Brède, souvenirs, souvenirs!) ou dans le petit recoin de notre chambre qui possède un lavabo ! Et avec tout ça, il faudrait que je sois calme !
- le détendeur que nous avons déniché (merci Aimé) dans une supérette du centre. Mais avant de profiter de mes plaques et de mon four, un petit nettoyage s'impose et lorsque nous avons déplacé la gazinière, des surprises étaient derrière : un tupp avec des gouttes fossilisées de je ne sais quelle sauce ou vinaigrette, des pâtes qui ont dû échapper à la casserole d'eau bouillante, des allumettes craquées,... Bref il aurait fallu faire appel à l'équipe des Experts pour effectuer des prélèvements, ils se seraient régalés, une vraie mine d'or !
A part ça, notre petit Gabriel qui commence à écrire son prénom. Trop fiers (Gab, la maîtresse et moi). Il réessaye à la maison, et là je découvre que non content de se compliquer la vie en étant gaucher (je vous arrête de suite, je n'ai absolument rien contre les gauchers, c'est juste que le monde est fait pour les droitiers et que les gestes du quotidien sont plus difficiles pour eux car rien n'est adapté), il écrit de gauche à droite (comme l'écriture arabe), et certaines fois de bas en haut ! Peut être que je lui ai transmis mon intérêt pour les hiéroglyphes et Léonard de Vinci (qui avait codé ses carnets de notes en écrivant à l'envers- il se servait d'un miroir- pour que la plupart des gens ne puisse pas le lire. C'était la petite note culturelle du jour ! Ne me remerciez pas, c'est cadeau. Pour vous permettre de briller dans les dîners !).
Hier soir cinéma, toujours en plein air sur la base. Ce soir c'est Raiponce. Il y a beaucoup de monde, nous retrouvons des collègues de Raf et leur famille, tout le monde a ramené son pique-nique. C'est la garden-party de la base (moins chic que sa consoeur de l'Elysée, mais plus conviviale). J'ai préparé des sandwiches au jambon crû (acheté chez Bambis, le magasin où la viande est la meilleure de la ville- pas mal le nom pour un magasin de boucherie charcuterie, non?! Toujours le sens pratique des Africains !), ramené l'inévitable paquet de chips, des compotes, des cubes de pastèques et des petits gâteaux. Et pour une fois, je pense à prendre 2-3 clichés. Bon divertissement, le graphisme est saisissant de réalité, les personnages sont très expressifs. Nous passons un agréable moment. Le film fini, tout le monde rentre dans son home sweet home, le mien c'est plutôt home wet home (wet signifie humide. De rien maman, j'ai pensé à la traduction cette fois-ci, tu vois !). Je peux prendre, et apprécier, ma douche (à quand la prochaine coupure ? Je ferais bien de suivre les conseils du grand "Raf le sage" et faire des réserves d'eau en vue de la prochaine pénurie qui ne manquera pas d'arriver dans un délai assez court, j'en suis sûre). Sur ces bonnes paroles, c'est l'heure du repos bien mérité. Je vous envois un ciel clair, sans nuage avec une lune brillante et une température de 27°à 21h. Ca vous laisse songeur, hein ?! Alors faites de beaux rêves de chaleur, de palmier et de mer turquoise et chaude.
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