07 décembre 2013

J-1 mois avant Noël : entre préparatifs et petits tracas

Mardi 26 Novembre


Entre mon téléphone portable qui se met en "mode refroidissement" avec pour seule possibilité de passer les coups de fil de type S.O.S. (je ne savais même pas que mon téléphone pouvait se mettre en mode refroidissement, je l'envie, je voudrais bien faire pareil), les belles boîtes de chocolat de Noël dans les rayons (dont j'imagine très bien que ce sera plutôt du Nutella à l'arrivée, que de beaux chocolats bien formés et décorés) et les calendriers de l'Avent dont on se demande si ce n'est pas des pépites d'or qu'il y a dedans à la place des sujets en chocolat tellement ils sont chers, vous l'aurez compris, Noël sera chaud cette année encore ! Ca approche, ça approche, même si de ce côté de la planète, il faut y regarder à 2 fois pour réaliser (d'autant plus quand le calendrier de ma cuisine est illustré par des photos de Noël en Alsace avec neige à profusion) ! Car quand on regarde dehors, c'est toujours et encore soleil, ciel bleu et températures estivales. Et pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence, Noël est au bout de l'allée. Les magasins ont garni les rayons de chocolats et de décorations (qui ne servent qu'une fois l'an pour certaines enseignes, et depuis de nombreuses années sans doute, si on se réfère à la quantité de poussière sur les boîtes et aux coloris has-been des boules) ainsi que de bûches glacées, chapons, canards, saumon,.. qui ont envahi les rayons sous les lumières clignotantes des guirlandes. J'ai réussi à trouver des calendriers de l'Avent qui n'ont pas nécessité de contacter ma conseillère financière pour contracter un prêt, et je me suis offert le petit ourson doré d'une grande marque de chocolat avec son petit coeur rouge noué autour du cou. Bon, 2 fois plus cher qu'en France, mais manger du bon chocolat de temps à autre, c'est plaisant. Parce que je le vaux bien !

Une page de dévoilée
Il est donc temps de préparer ses petites réalisations "home-made" pour fêter dignement Noël (et surtout pour ne pas flinguer totalement son budget). Et la reine incontestée dans ce domaine, c'est bien sûr notre Véro, Miss Scrapbooking 2012 et 2013 ! Atelier scrap spécial "carte de voeux" en ce mercredi matin. Une salle de la base a été louée pour l'occasion car nous serons un peu plus nombreuses que d'habitude. Après un début de matinée un peu stressant pour Véro dont la voiture avait décidé de faire grève, et un sauvetage opéré par votre écrivaine préférée, nous voici dans les starting-block. 3 cartes à réaliser, 1 couleur imposée (le vert) et les 2 autres au choix. Nous nous inspirons (très librement parfois) des modèles de Véro pour faire nos propres créations. C'est un méga-mix résultant des "j'aime bien l'écriture mais pas la couleur de fond" + "ici je vais reprendre la frise mais pas la même disposition" + "là je vais faire une autre découpe que celle de ton modèle",..... Après 3 heures d'efforts intenses de découpage, tamponnage, détourage, ..... nous admirons le résultat. Ca brille et c'est doré de partout. Et une fois de retour à la maison, je continue sur ma lancée pour faire une petit village de Noël en papier avec de nombreuses ouvertures ornées de papier calque, derrière lesquelles brilleront des bougies, ainsi qu'une guirlande faite d'anneaux de papiers cadeaux (il faut bien occuper les plus petits).

Mon village en papier
La question que je me pose en ce jeudi matin, c'est comment faire le ménage alors qu'il y a une coupure d'eau ? Remettre à plus tard ? Bof, j'aurais pas plus envie de le faire que maintenant ! Mais comme j'ai l'âme d'une mamie, j'ai des réserves dans des bouteilles alignées soigneusement sur les armoires. Malgré tout, mon côté plus fourmi que cigale me fait l'économiser, je vous laisse donc imaginer la couleur de l'eau de mon seau à la fin de la matinée ! Mais nous sommes sauvés, l'eau est rétablie avant midi !

Abu Dhabi
Je suis toujours en attente de la date de retour de Raf des Emirats. Je jongle avec plusieurs versions, différentes selon qu'elles proviennent des voisins, des compagnes, ou des principaux intéressés. A J-3, nous en étions encore à "peut être". A J-2 à "en théorie". Je vais donc être obligée de me la jouer "Saint Thomas", je ne croirai que lorsque je verrai ma moitié en chair et en os ! Encore que, vu que les billets d'avion ont été pris à la dernière minute, nous avons droit à une heure d'arrivée à la noix de coco, 2 heures du matin, je ne vais donc pas trop avoir les yeux en face des trous comme on dit ! Bienvenus sur "Maybe Airlines" ! Du coup je ronge mon frein en essayant d'éliminer le stock de films que Raf m'avait prévu pendant son absence. Mais alors la moitié étaient des "daubes", entre les comédies américaines à l'humour lourdingue, les pseudos films d'action dont le budget est tout entier passé dans les cartouches des armes, et les films glauques avec des acteurs inconnus (qui feraient mieux de le rester) qui passent 1h30 le nez dans la poudre (indice, ça n'est pas dans le cacao), j'ai eu ma dose ! Heureusement que je n'ai pas eu une place de ciné à payer pour ça, ou 1 kg de tomates à bousiller (au prix des tomates) !

Vendredi, notre sortie baignade au Héron. Un monde fou pour profiter des températures idéales de l'océan. Familles et jeunes militaires tatoués de tous horizons (dont le stock de canettes de bières sur la table était impressionnant à tel point que j'avais juste envie de faire une partie de bowling ! Et strike ! Ca sentait plus la bière que l'air marin), s'étaient donnés R.V. On reconnaît les nouveaux arrivants à leur bronzage "cachet d'aspirine" qui n'en revenaient pas de se baigner alors qu'en France vous en êtes à gratter les pares-brises. Toujours autant d'algues qui nous chatouillent et nous piquent. Me voilà obligée de répéter à Gab de fermer la bouche pour éviter l'effet feuille de salade ou persil coincé entre les dents !

Petit cadeau des Emirats
Ca y est, c'est cette nuit que je récupère ma moitié de retour des Emirats. Mon portable sonne (et résonne) dans les escaliers à 1h45 du matin (désolée les voisins), l'avion est déjà là. Le séjour s'est bien passé, Abu Dhabi est très différent de Djibouti, de larges routes partout, de hauts immeubles, beaucoup de magasins et surtout tout y est très propre, rien ne traîne par terre. Le paradis des shoppeurs clean !



Etoiles à la cannelle
Premier jour de l'Avent, c'est parti pour l'atelier "les mains dans la pâte", je me lance dans la confection des bredele. Et par la même occasion, je m'offre des séances de sauna. Car même s'il est vrai qu'il ne fait maintenant "plus" que environ 29-30° dans ma cuisine, une fois le four allumé, ça grimpe un peu ! L'eau me coule à nouveau le long du dos (et plus si affinités), comme aux plus belles heures de l'été ! Donc pour ceux qui auront la chance de goûter mes petits gâteaux, ne cherchez plus ce petit goût indéfinissable que vous pourriez éventuellement déceler, c'est ce que je vais nommer "la touche du chef" ! Lol ! Eh oui, c'est de l'artisanat ! Après 2 jours d'efforts et quelques suées plus tard, voici que sont nés palets bretons, macarons à la noix de coco, sablés aux épices et au miel et coquins. Le début d'une longue série, avec mon beau-frère qui arrive bientôt, il va falloir assurer le S.A.V. !!

La boîte se remplit petit à petit
C'est aussi le moment de venir se réabonner à internet. Et ce matin, le bureau compte de nombreux français venus renouveler abonnements et payer factures. Et râler, car nous sommes privés d'internet depuis environ 24h sitôt la date de fin de contrat arrivée, et même avant pour certains. On nous dira que ça s'appelle un "bug du système" ! Pour ma part, j'ai dû attendre pas moins de 30 minutes pour pouvoir juste faire un réabonnement et le payer, mon contrat est passé de l'accueil au bureau d'un responsable, et entre diverses mains. Quand à cela se rajoute de drôles de mines sur les visages avec des conversations que vous ne comprenez pas, on se demande ce qu'on a fait de mal ! Donc beaucoup de monde et pas mal d'attente ! Forcément, quasi un seul jeune homme pour servir, la dame assise à côté de lui au second bureau envoyait des SMS, et ne semblait pas le moins du monde concernée par tous les gens qui attendaient (et là petit clin d'oeil à mon ancien directeur, pour vos prochaines vacances, un petit tour par ici pour enseigner les règles de l'accueil clientèle, ça peut être utile !).

Avec tout ça, il fallait bien la séance de piscine de cet après-midi pour se détendre ! Et faire ses vocalises (rapport à la température de l'eau). L'avantage est de savoir si je peux égaler les 7 octaves que couvre la voix de Mariah Carey ! Eh bien, encore quelques lundis et Mariah peut aller se rhabiller ! Lol !

Il flotte comme un air de fête !
Après les tibs maison de Nima mardi soir, nous enchaînons avec le petit déjeuner mensuel du club en ce mercredi matin. De jolies tables décorées et un sapin nous rappellent (pour celles qui l'avaient oublié), que nous sommes à 3 semaines de Noël. A chaque place, une joli pochette en tissu contenant 3 chocolats. Nous sommes gâtées ! A la fin des inscriptions, le temps de rentrer à la maison, les chocolats sont tous mous, j'ai été obligée (oui, oui, obligée, lol) de les manger, enfin 2 sur 3, le dernier, un pyrénéen, m'a explosé en pleine tête comme un bouton d'acné sur un nez d'ado ! Et a fini par couler dans l'évier de la cuisine. Dommage ! En même temps, si  ma mémoire est bonne (et en matière de chocolat, elle l'est), les pyrénéens doivent se conserver au frigo, c'était donc couru d'avance ! Bon, je vais me consoler en me disant que ça fera toujours un chocolat de moins sur les hanches ! Mais je continue sur ma lancée gourmande, en confectionnant un gâteau d'anniversaire pour la petite Mariam (fille de Nima) qui fête ses 1 an, et par quelques étoiles à la cannelle parées de leurs habits scintillants (terme pompeux pour signifier qu'elles sont recouvertes d'un glaçage sucre glace et cannelle. Vous voyez, je fais comme les grands chefs, je donne des noms un peu ronflants à mes plats !).  Après la séance de ciné du soir, je dépose les garçons à la maison, et repart direction le Kemp pour la soirée salsa. Tous les mercredis soirs, il y a la possibilité de se déhancher sur des rythmes du soleil dans l'un des bars. Et comme il faut s'entraîner pour progresser, Abel nous répète que les cours à eux seuls ne suffisent pas, qu'il faut pratiquer, et pratiquer encore. Donc comme promis dans mon dernier article, je me lance dans la nuit noire ! Une foule impressionnante de voitures sur les parkings, me voilà au fin fond du fin fond ! En entrant dans le hall, une merveilleuse odeur de cannelle et de pain d'épices, la décoration de Noël commence à être mise en place, le palace organisant quelques animations pour l'occasion (mais ça, ça fera l'objet d'un autre article. Patience !). L'ambiance est chaude dans le bar, ça danse, ça se déhanche dans tous les sens. En plus des responsables du club, quelques "élèves" qui fréquentent le même cours que moi (sans toutefois être des débutants). Et là..... comment vous dire ? C'est très sympa et beau à voir, mais je me sens juste un peu dégoûtée et démotivée ! Je mesure le fossé, non que dis-je, le cratère qui me sépare des danseurs sur la piste ! Juste envie de dire "euh, en fait, à partir de mardi prochain, je crois que vous n'allez plus me voir" ! Abel fait son show-man et de jolies figures avec sa femme Gaby, et les meilleurs danseurs nous régalent d'une rueda (ils sont en ronde et font des passes en changeant de partenaire). C'est magnifique une rueda de ce niveau, fluide et bien exécutée, sans accros, sans mains qui se cherchent, sans décalages dans le tempo, sans partenaires qui se loupent,.... ! Succès garanti auprès des clients du bar, les appareils photos et caméras étaient de sortie ! Et c'est mérité ! Quant à moi, je me suis sentie bien nulle et j'avais juste envie de me cacher dans un petit trou pour pleurer ! Lol ! Je savais que je n'aurais pas dû venir, ça m'a miné le moral ! Lol ! Il est déjà 23h30, je prends congés. Au moment de reprendre ma voiture pour sortir du parking, je la trouve dure à manoeuvrer. Et là, en passant à hauteur d'un couple de danseur (lui est dans le même cours que moi), il me dit "arrêtes toi, t'es à plat à l'avant !". Euh, quand tu dis "à plat", tu veux dire "pneu crevé ?!". Et bien oui, pneu avant gauche mort de chez mort ! Je savais que je n'aurais pas dû venir ce soir (je l'avais pas déjà dit ça ?) ! Je roule sur un côté près de la lumière et Franck propose de m'aider (oups, il a juste un pantalon blanc et une chemise claire, et ma roue de secours est située.... sous la voiture). Et là, les em.... s'enchaînent, pas de lampe-torche pour y voir un peu mieux, pas moyen de trouver par où accéder pour faire descendre la roue de secours, pas de manuel d'utilisation dans la voiture. Petit coup de fil à Raf (que je réveille en passant) pour le prévenir, et essayer d'obtenir des infos pour éviter d'y passer la nuit (oui je suis une fille, demandez-moi de faire un gâteau ou une blanquette, mais pas de changer une roue). Peine perdue, nous avons bien trouvé le cric et le levier, mais pas la tige pour accéder à la roue. Après avoir cherché de l'aide auprès des derniers danseurs encore présents et de la réception du Kemp qui m'a envoyé un gentil chauffeur (celui de la voiturette de golf), nous voilà 8 autour de la voiture, téléphones en main pour avoir un peu de lumière, à chercher cette f.... tige qui doit servir de levier à placer dans un trou (que nous avons trouvé) pour faire descendre la roue. L'employé a eu beau faire 2 allers-retours avec sa belle valisette à outils, rien à faire. Ma voiture a donc gagné une nuit au Kemp et moi je me fais raccompagner par Phil et Patricia, car il faut se rendre à l'évidence, quand tout se ligue contre vous, il n'y a rien à faire que de laisser tomber ! Demain est un autre jour, et il fera jour ! Comme l'a fait remarqué la femme de Franck, j'ai quand même de la chance dans mon malheur, c'est arrivé alors que j'étais encore au Kemp et pas sur le chemin au milieu de nul part, et si c'était arrivé en France, je serais en train de me geler ! Pas faux ! Et sous l'effet de la torpeur djiboutienne, je n'ai même pas pensé à piquer une crise de nerfs, mais une fois de retour à la maison, ça s'est tout de même manifesté par des crampes de ventre et d'estomac et une petite insomnie ! Ce qui est drôle (si on peut dire), c'est que sur le chemin pour aller au Kemp, je me disais que nous avions de la chance de ne pas avoir encore eu ce genre de mésaventures, crevaisons et pannes. J'ai dû y penser trop fort ! Mon pouvoir de suggestion est efficace et dévastateur, il va falloir faire attention ! Mais l'épisode pneu crevé n'est pas encore fini : le lendemain Raf est parti avec un collègue pour s'occuper de changer la roue et ramener la voiture. La tige enfin trouvée ne convenait pas, le cric était cassé et la roue de secours était dégonflée ! Bref, ça continue. Tige non adaptée + cric inutilisable + roue de secours dégonflée = la totale ! Heureusement que le collègue avait un peu de matériel, direction le magasin de pneus pour changer les 2 à l'avant qui en plus étaient lisses ! Nous avons donc 2 pneus neufs, et pas loin de 500€ de moins dans le porte-monnaie. A 3 semaines de Noël, ça fait mal ! Je me voyais me faire plaisir avec quelques achats à la vente Scoop du Kemp, je n'imaginais pas m'offrir une nouvelle paire de pneus ! Je crois que la plus gâtée à Noël cette année, ce sera sans nul doute notre voiture ! Joyeux Noël voiture !

Abu Dhabi la moderne


28 novembre 2013

Et une semaine de plus dans notre vie d'expatriés

Dimanche 17 Novembre



Journée sans histoire jusqu'à 17h30 et sa coupure d'électricité (ça faisait longtemps). Chose étrange, le groupe ne se met pas en marche pour prendre le relais. Et pour cause, la coupure a eu lieu dans notre seul immeuble. La seconde entrée ainsi que les immeubles alentours sont alimentés. Ah, nouveauté ! Et c'est parti, on cherche à tâtons bougies (mêmes les bougies chauffe-plat sont de sortie) et boîtes d'allumettes (puisque les lampes torches sont toujours vides quand on en a besoin, tout comme les piles d'ailleurs, sinon c'est pas drôle). Pendant qu'une voisine appelle le technicien, certains d'entre nous se rassemblent pour regarder les compteurs auxquels nous avons accès. Ca fait "bip" à tous les étages, c'est un vrai concert d'onduleurs. Une fois le technicien sur place, les allers-retours vont commencer à la recherche du compteur général et des clés pour ouvrir les locaux au bas des immeubles (dont nous ne savons pas à quoi ils servent). Renfort des voisins de la seconde entrée, on continue les recherches, on s'interroge. Le technicien repart sur la base chercher des plans, et nous, nous continuons de faire notre petite vie. Ca donne un dîner aux chandelles avec salade composée et chips (bien sûr, pas un paquet de jambon ou une boîte de thon en réserve, ça aurait été trop facile). Et je repars aux nouvelles avec ma bougie chauffe-plat sur l'assiette (c'est beau Djibouti la nuit, dans le noir total) errant dans les étages, et charriant mon voisin du dessus en passant, il perce des trous et d'un coup ça saute ! Toujours aucun progrès, personne ne sait rien. Bon ben, nous voilà parti pour la nuit, qui sait ?!  Mais après plusieurs allers-retours du technicien, 2 voitures de renfort et 3 heures de noir complet plus tard, l'électricité revient. Nous en avons terminé avec la vie d'hommes préhistoriques pour ce soir. Ma voisine de palier va pouvoir réintégrer son appartement avec sa fille après avoir trouvé refuge chez une amie qui avait du jus, et refaire le chemin inverse avec ses aliments qu'elle était en train de déménager. Et moi, je vais pouvoir ranger ces bougies qui ne veulent pas brûler ou qui le font trop vite, ces allumettes qui cassent avant même d'avoir été craquées, et soigner mes doigts de pieds sur lesquels je me suis accidentellement versée de la cire chaude. Le point positif de la chose, c'est que, grâce à l'épilation à la cire, mes doigts de pieds n'ont jamais été aussi doux !

On prend de la hauteur !
Lundi, à l'arrivée pour le cours de natation des garçons, le maître-nageur nous annonce d'emblée la couleur ! L'eau commence à être fraîche ! Elle est à .....26 ! Je vous vois d'ici sourire et vous moquer ! Mais songez que nous avons l'habitude d'une eau entre 30 et 36° ! Donc effectivement, on serre les dents pour entrer dans le bassin, il s'agirait de faire bonne figure devant nos enfants et de leur montrer le bon exemple !  A partir de la semaine prochaine, les t-shirts anti-UV seront donc permis et feront également office de couche isolante supplémentaire. L'hiver est là, l'eau se rafraîchit, c'est comme si nous faisions un plongeon dans l'Atlantique à présent ! Le premier été en France risque d'être comique (surtout pour les autres vacanciers), les seuls à avoir la combinaison de plongée pour aller se baigner, ce sera nous ! De retour à la maison, j'ai dû sortir du placard chaussettes et plaid pour réchauffer un Geoffrey bleu-schtroumpf !

Fallait absolument que je fasse une photo là !
Le jour qui a suivi, je reçois une lettre de mon assurance pour penser au renouvellement du contrat pour la voiture. Alors là, j'applaudis des deux mains, c'est bien la première fois qu'un organisme quel qu'il soit nous fait une lettre de rappel ! Car ici, tu dois te déplacer pour aller chercher tes factures et pour les payer. Pas de lettre pour te dire d'y penser, pas de facture envoyée à ton domicile, pas de prélèvement automatique. Et quand intervient un changement de politique quant à une date limite de paiement par exemple, pas de message pour te prévenir, tu le découvres sur place quand tu passes au bureau pour râler que ton internet de fonctionne plus !  Bref ! Donc là,  j'ai une lettre, mais pas d'enveloppe ! La lettre a été envoyée pliée en trois, avec une aggraffe de chaque côté (qu'elle ne soit pas lue par tout le monde quand même), avec le timbre collé directement dessus ! J'adOOOOOre !

Mardi. Et comme on apprend tous les jours, je profite de l'expérience de Philippe pour m'expliquer un pas de salsa que je n'avais pas compris et je m'efforce d'oublier mes pouces et de ne pas tenir sa main comme des crochets. On ne se tient pas, on s'effleure ! Et on se détend, on est là pour s'amuser ! Merci Philippe !


Ce jeudi, au Héron, c'est soirée disco fluo. Nous sommes accueillis par MC Claude François, complet bleu électrique scintillant, chemise blanche et perruque permanentée blonde nuance "vanille miellé doré" de chez "parce que vous le valez bien" ! C'est le défilé des perruques extravagantes, des pantalons pattes d'éph, des chemises à paillettes et des lunettes colorées taille 3XL. Il y a aussi les groupes de filles ayant toutes la même robe courte 70's, manches 3/4 larges avec bandeaux assortis dans les cheveux, motifs et couleurs psychédéliques. Les tailleurs de Djibouti et les clubs de couture ont eu du boulot. Le tout est très réussi, dans l'esprit de ces années-là. Ca scintille, ça clinque, ça donne mal aux yeux et au coeur parfois. Lol ! Mais voici que vient nous saluer un costume blanc avec un perruque de fils argentés (les mêmes que je pends à mon sapin de Noël) et des lunettes de mouches (encore plus grandes que celles d'une certaine Victoria B.). C'est Aimé, que Gabriel n'a pas reconnu, quasi au bord des larmes tant il a eu peur ! A sa table, un moustachu avec une perruque afro à la circonférence impressionnante, j'avais l'impression de voir mon beau-père quand il s'est grimé pour aller voir le spectacle DISCO à Paris ! Au milieu de toute cette avalanche de paillettes, les "fluos", plus jeunes. Beaucoup de t-shirts avec le même motif à moustache (les moustachus sont à la mode beau-papa, la moustache n'est pas morte, elle revient en force et semble avoir encore de beaux jours devant elle) !

Le dîner se passe à l'extérieur, il est vrai qu'ici, pas besoin de craindre le mauvais temps comme pour nos barbecues estivaux du dimanche midi en France. Entre les plats, les animateurs de la soirée font des tirages au sort pour gagner des cadeaux : des kits fluo, des repas et des soirées au Héron, des services à jus de fruits, des tournées de coupes de champagne,...C'est une nouveauté, et c'est très sympa, même si je n'ai rien gagné. Place à la danse, au milieu des lasers, boules à facettes, bulles et lancers de bracelets fluos dont les organisateurs devaient avoir un stock entier à écouler. A chaque lancer, une ruée pour les ramasser. A notre table, les hommes se sont mis à construire sphères, lunettes, colliers,.... Réminiscence de souvenirs d'enfance face à son Meccano ! Nous n'étions pas déguisés à l'arrivée, c'est maintenant chose faite avec nos fluos transformés en bijoux, lunettes et couvre-chefs délirants. Ainsi grimé, je trouve même à Bruno des faux airs de Zaza Napoli ! Lol ! Belle soirée, on se couche à 1h30 du matin (seul moyen pour avoir des enfants qui font une grasse matinée jusqu'à 10h, un exploit). Par contre, pas de nouvelles de Jean-Louis qui pensait venir nous faire un petit coucou dans la soirée, il devait trop bien s'amuser à sa soirée des infirmières, ou alors il s'est fait kidnapper ! Lol !


Après cette folle soirée, pas d'excès en ce vendredi. Seule une petite baignade dans l'après-midi va occuper notre journée. Après 3 heures passées à table à essayer de faire avaler à Gabriel son clafoutis aux poireaux et avoir entendu une bonne centaine de fois "moi j'aime pas les poireaux" (changes de disque mon chéri, celui là est rayé), nous partons pour la baignade. Arrivés à la hauteur de la plage située à côté du Kemp, arghh, la mer est loin, c'est marée basse ! Je n'ai pas vérifié avant de partir. J'espère qu'il y aura assez d'eau, car j'ai promis aux enfants, et il vaut mieux s'y tenir (moi qui leur fait souvent la leçon quand au fait de mentir, j'aurais l'air de quoi ?), sans quoi ils ne vont pas me rater au tournant. Au final il y a assez d'eau, mais il faut aller un peu plus loin que d'habitude, et comme j'ai oublié les chaussons, c'est "aïe, ouille" sur les pierres pointues et glissantes. Mais ça en valait la peine, l'eau est bonne !  Barbotage pendant 1 heure et c'est le retour à la maison, car à 18h il fait nuit noire ici. Je  n'aime pas conduire la nuit, d'autant moins ici où on ne voit pas les gens, que j'ai toujours peur de voir surgir de nulle part !


Affiche du Béverly Café
Petit déjeuner panoramique
Et pour finir la semaine en beauté, en ce dimanche, petit déjeuner organisé par le club au Beverly Café, au centre ville. Covoiturage avec Karine, et nous rejoignons la petite troupe devant le café. Tout comme les mouches, les vendeurs ambulants fondent sur nous avec leurs petites valises pleines d'objets de bric et de broc. Pêle-mêle on trouve montres, cartes postales, téléphones portables, bijoux,....On dirait le sac de Mary Poppins d'où elle arrive à sortir de quoi meubler toute une pièce. Eux c'est pareil ! Tu te demandes comment tout ça tient dans un si petit espace. Ils sortent des objets, sans que ça semble avoir une fin ! Que tu sois un piéton, un automobiliste, un motocycliste,... tu as toujours un vendeur des rues pour venir à ta rencontre. Même les fesses sur ta selle de vélo, tu peux faire ton shopping ! Sur la pancarte de l'établissement, la présence d'un ascenseur est bien signalée, comme un argument de vente. C'est vrai que jusqu'à présent, c'est le seul que j'ai vu.  Tentant ? Merci...... mais non merci ! Je préfère me farcir 4 étages à pied et arriver essoufflée que de prendre le risque de rester coincée dans un ascenseur étroit, sans clim, bloqué entre deux étages en attente d'être secourue "dans une heure", c'est à dire demain ou dans la semaine (souvenez-vous que la notion de temps est toute relative ici) ! Bon, c'est parti pour 4 étages d'escaliers avec marches assez hautes et en colimaçon, on arrive donc essoufflé et étourdi. Mais devant une vue panoramique à quasi 360° sur Djibouti, on voit les montagnes au loin, le port, les minarets des mosquées..... et les antennes de télé qui poussent partout comme des champignons, sur les toits et les balcons. Petit déjeuner français traditionnel et petits pains djiboutiens. Pas mauvais, mais je trouve qu'ils conviennent mieux à un petit déjeuner salé que sucré. C'est comme une sorte de beignet plat, aromatisé avec des graines que nous n'avons pas identifiées de manière certaine (cumin, cardamome ?) et que certaines ont pris pour ces petites bêtes qui sont légion dans les farines, le riz, les pâtes,....laissant là ce pauvre beignet tout seul sur son assiette ! Ben faut vivre dangereusement les filles ! Lol ! Moi j'en ai mangé un, et je me porte à merveille ! On peut risquer une intoxication alimentaire dans un grand restaurant renommé et ne rien avoir dans un boui-boui perdu au fin fond de la cambrousse ! Bon moment convivial, comme toujours, nous avons bien ri.
Petit pain djiboutien
Comme nous sommes en ville, Karine et moi en profitons pour aller à la librairie. Elle pense connaître le bon chemin, mais sa seconde d'hésitation est vite repérée par un badaud qui passe par là et nous demande où nous voulons aller. "C'est très compliqué à expliquer, je te montres le chemin". Et là je sens le mauvais plan ! Il nous fait rebrousser chemin et nous fait tourner dans l'autre sens... tout ça pour arriver à l'endroit où nous voulions, oui, mais en ayant fait un bon détour alors qu'avec le chemin de Karine, nous étions à côté. Et comme il nous a promené, il réclame, devinez quoi ? Sa pièce bien sûr. Alors là il est tombé sur un os, Karine lui a bien fait remarqué qu'elle avait raison quant au chemin, et qu'il nous a fais faire un détour exprès pour nous embrouiller et nous promener. "Je suis un malin alors ?!" lui dit-il. Ben pas tellement, puisque au final tu n'as rien eu ! Idem quand nous reprenons la voiture, un gars s'avance pour réclamer sa pièce, puisqu'il a soi-disant surveillé la voiture, alors que pas âme qui vive quand nous sommes arrivées ! Comment dit-on déjà ? "Faudrait pas prendre les enfants  du bon dieu pour des canards sauvages !". Ah les filous ! Comme disait un ancien camarade de classe récemment, "ils ont tous un BTS force de vente !". Pas faux !


16 novembre 2013

Dernières nouvelles en direct live de Djibouti

Mardi 5 Novembre


Marché de Riyad en 2012
Ce matin, Nima m'accompagne au marché de Riyad pour faire le plein de fruits et de légumes. Le marché est situé au coeur du quartier Africain, séquence immersion dans un autre monde. Le trafic dans cette partie de la ville peut être lui aussi défini par le terme "africain", c'est flagrant comme le changement par rapport aux routes que j'emprunte habituellement est radical ! Vous connaissiez "ambiance à l'africaine", voici "conduite à l'africaine" ! Une jungle de voitures et de bus roulant n'importe comment, ça déboîte sans regarder, ça s'arrête n'importe où n'importe quand, ça ne connaît pas les priorités, les feux, les stops,... Et tout ce joyeux bazar dans un concert ininterrompu de klaxons ! Nima est cramponnée sur le siège passager, à pousser des petits cris de frayeur, à me dire sans arrêt "fais attention" ! Moi oui, je fais attention, ce sont les autres le problème, ils ne font pas gaffe à ce qu'ils font. Elle m'avoue qu'elle a peur en voiture (en même temps, je peux la comprendre, vu comment roulent les gens dans son pays) ! J'ai donc trouvé inutile de lui préciser qu'elle occupait la "place du mort" ! Renseignement pris, il n'est pas obligatoire d'avoir son permis pour conduire à Djibouti, seuls ceux qui en ont les moyens prennent des cours de conduite (code je ne sais pas, vu qu'il n'y a pas des masses de panneaux ici, t'as vite fait de les apprendre), et ça se voit ! Seul moyen de survivre, rouler comme eux ! Bon, je prends quelques précautions supplémentaires quand même, mais je vais leur apprendre qui est Sébastien Loeb, moi ! Nous arrivons à bon port, et entières (nous et la voiture). C'est le mardi que le marché est approvisionné, donc c'est ce jour-là qu'il faut y aller, les produits sont frais (pour autant que le climat le permette), il y a de la qualité et du choix. Bien sûr, il faut faire abstraction des chats qui marchent sur les étals et du nombre impressionnant de mouches au cm2 ! Et éviter de se faire assommer par un fruit ou un légume abîmé ou pourri qui tout d'un coup vole d'un étal pour s'écraser dans l'allée (pour ma part, j'ai failli être assommée par un pomelo plus très frais). Le tout est fait rapidement, c'est vrai que ça vaut le coup, ce n'est pas au supermarché, ou même en France, que je peux avoir 2kg de poireaux pour 1.50€ ! Je repars aussi avec oignons, tomates, oranges, pommes et enfin, les pommes-cannelle que je cherchais depuis un moment déjà (spéciale dédicace à ma cousine Pascale). En chemin je me déleste d'1 orange et d'1 pomme donnée à une petite fille (il y a toujours des mamans avec leurs enfants qui se promènent au marché à la recherche de nourriture ou d'argent) qui est contente comme tout (pas comme d'autres qui font la fine bouche), comme si je lui avais donné le plus beau des cadeaux ! Comme j'ai pas mal de poireaux, j'en propose un à Nima. Elle le prend pour sa fille, elle elle n'aime pas trop, elle trouve que c'est fort (venant de la part de quelqu'un qui met 1kg d'oignons dans chaque plat, je trouve ça amusant, sans compter les épices, piments,...). Comme elle n'est pas trop loin de sa maison, nous nous quittons là, je m'en retourne seule dans la jungle routière ! Soulagée tout de même à la vue de mon quartier que je trouve quand même plus paisible malgré tout !

Mercredi, nouveau petit déjeuner du club, on retrouve les copines. Et on fait connaissance avec le pilier de la salle du mess, plus de place ailleurs qu'à la table derrière lui (c'est le syndrome de la table placée près des toilettes au restaurant). Certaines d'entre nous ont été retardées par de nouvelles mesures de sécurité à l'entrée de la base. Même pas peur d'être oubliées par le serveur ! Dès la fin du petit déj, c'est la ruée pour les inscriptions. Le "marché" a été fructueux, j'ai mes 2 petits déjeuners et mes ateliers de scrap. J'ai même de nouvelles admiratrices, qui, alors que j'étais dans une file d'attente pour faire une inscription, en conversation avec ma copine Rachel, se retournent tout d'un coup vers moi et me lancent un "c'est pas vous qui avez un blog ? Je suis tombée dessus par hasard et je l'ai lu, c'est super bien écrit, c'est amusant, et ça détaille bien notre quotidien !". La seconde me dit qu'elle a même appris certaines choses ! Eh bien ça fait drôle d'entendre ça, je peux vous dire ! Alors mesdames, vous avez aussi droit maintenant à votre petit clin d'oeil ! Voilà qui est fait ! Je vais penser à organiser une petite séance de dédicaces, moi ! Lol !


Dimanche, petite soirée pour l'anniversaire de Marie au restaurant de la Mer Rouge. Jolie tablée de 20 convives, ambiance assurée, le clan hommes et bières (et pipelettes) à droite, le clan femmes et cocktails (et pipelettes) à gauche. Marie se laisse tenter par le menu découverte japonais servi sur le bateau, tout comme moi (une seconde fois). Une première alerte, les lumières s'éteignent, et un cortège de serveurs chantant "joyeux anniversaire", et la panique de Marie (était-ce la crainte de devoir révéler son âge ? Lol ! ). Faux départ, c'est un autre client qui a aussi fait sa soirée d'anniversaire. Mais ce n'est que partie remise, la seconde fois sera la bonne, les lumières qui s'éteignent à nouveau (en même temps, ça aurait très bien pu être une coupure de jus), et une assiette avec un dessert surmonté d'une bougie, qui semble flotter dans l'air. Et à nouveau la bande des serveurs chantant à tue-tête (ils étaient à fond) ! Quelques cadeaux, et une jolie photo de groupe pour clore la soirée ! Joyeux Marieversaire ! (Je vous laisse quelques instants pour comprendre, c'est une coutume girondine !).

Depuis lundi, le temps est gris plomb, nuageux, et il y a des averses. Et même dans ce contexte, j'ai réussi à attraper des coups de soleil (trop fort ce climat, même là, il faut une crème solaire IP50). Incroyable, non ?! Enfin à bien y réfléchir, pas tant que ça ! Souvenez vous de ce que je vous avais raconté ? Ne vous avais-je pas déjà dit que là où nous allions, le temps se détraquait ? Et là avec 3 jours d'averses (pas en continu bien entendu), tu te dis que ça va rafraîchir un peu ! Perdu ! Ce qui est plus frais en revanche, c'est l'eau de la douche et les deux premières minutes en dessous. Le soleil n'a pas chauffé les tuyaux pendant 3 jours, ça donne donc une eau, disons, vivifiante. Revigorante ou tonifiante sont des adjectifs qui conviendraient aussi. Faîtes votre choix ! Le tout, accompagné du petit cri de surprise au contact de cette eau moins tempérée que d'habitude ! Non, pas chochotte, juste habituée depuis 1 an à une eau entre 30 et 36° toute l'année ! Par contre, s'il y a bien une chose à laquelle on ne s'habitue pas, c'est au retour des moustiques ! Car qui dit temps plus frais et eau qui stagne, dit moustiques ! Il est donc grand temps de laisser tomber les parfums floraux de l'été pour la fragrance à la mode. "C'est quoi ton parfum ? Le dernier Mugler ?". "Non, le dernier Insect Ecran" ! Du coup, pas de jaloux, où que nous allions, nous sentons tous la lotion anti-moustiques ! Les commerces vont faire des affaires, entre lotions, crèmes, spirales à faire brûler, raquettes électriques,.... On va encore avoir des têtes de tiroirs-caisses !


Nouveau mardi, nouveau cours de salsa. Le prof annonce d'emblée la couleur, il est malade, il n'aura donc pas autant de peps que d'habitude ! Je compatis, tout en me disant que dans ces conditions, nous allons peut être enfin pouvoir suivre le rythme ! Et c'est parti, nous enchaînons enchoufla, enchoufla doble, la prima, la rueda,... . Pas évident sans partenaire (le mien s'est blessé), je fais donc les pas avec l'homme invisible, en attendant de tourner et d'en récupérer un autre au vol. "Euh en fait, tu me serres trop les doigts là, il faut lâcher un peu, sinon je ne peux pas aller vers la partenaire suivante !". "Oui bien sûr, désolée !". Bon ben Stéph, tu reviens quand ? Au final, le prof avait bien assez de jus pour nous faire tous transpirer comme des boeufs ! Mais ça fait du bien, et on va se dire que d'ici peu, on pourra briller sur les pistes de danse !

Le plat du jour, concocté par Nima, sera des tebs : viande de boeuf mijotée avec ail, oignons (t'as intérêt à aimer les oignons car il y en a dans beaucoup de plats, et à avoir le stock de bonbons mentholés sous le coude), tomates, et piments pour les plus téméraires. Donc pour nous, ce sera sans piment, et au niveau des épices, du sel et du poivre, je surveille Nima comme le lait sur le feu ! Mais elle a bien compris, elle me dit toujours maintenant "pas trop de sel et pas trop de poivre hein ?!".


Ce mercredi, ce sera journée bien remplie. Debout 5h45 (3h45 heure française) pour amener Raf au boulot et errer dans la base quelques minutes à la recherche de la sortie (qui n'est pas la même aux heures d'embauche que d'habitude). Après avoir suivi les explications un peu floues et incertaines de Raf, des voitures un peu au hasard, fait demi-tour 2 fois, et m'être trompée de route malgré les directives d'une gentille dame, j'ai fini par arriver devant un portail avec 2 militaires et 1 chien. De deux choses l'une : où c'est un accès réservé et c'est un énième demi-tour, ou alors c'est par ici la sortie. Bingo, le jeune maître-chien me confirme que c'est bien ici qu'on sort (et là je me sens comme si j'avais gagné au loto). Et j'arrive près d'un restaurant, à quelques rues du supermarché préféré de ma maman (là c'est un truc entre elle, ma soeur et moi. Oui maman, je sais, ça fait longtemps, il devrait y avoir prescription) ! Les enfants à l'école, je récupère les copines, et direction les Acacias pour une matinée petit déjeuner et piscine. Dans le hall d'accueil, on retrouve la même fontaine en forme d'étoile qu'au Kemp, à des dimensions plus modestes et avec des pétales de fleurs artificielles, mais ça reste plaisant. Nous occupons une grande table près de la piscine, le buffet est à l'intérieur. On tourne un peu en rond dans ce petit espace en attendant que le buffet soit réapprovisionné. Mais ensuite, en bonnes épouses de militaires que nous sommes, c'est disciplinée que nous faisons la file. Il y a même un stand qui propose omelette à la demande, avec herbes, poivrons et tomates. Je passe mon tour, le matin moi, c'est sucré.
Même version petit format, ça fait gourmande ! 
2 belles assiettes bien garnies au bord de la piscine, face à la mer. Pas mal comme petit déjeuner, non ?! Le tout accompagné des histoires de télé-réalité de Séverine (il lui arrive toujours des petites anecdotes, à tel point qu'elle se croit filmée à la manière de Jim Carrey dans Truman Show). La piscine est tout juste fraîche quand on y rentre, mais délicieuse une fois dedans. Toujours seules, nous avons la piscine rien que pour nous (c'est qu'on va finir par prendre goût au traitement V.I.P.). Et au milieu de notre groupe, je saisi au vol un accent connu. Et je fais connaissance avec une compatriote alsacienne d'à côté de Guebwiller. Qui a dit que les Alsaciens ne sortaient jamais de leur région natale ? Ca doit être notre côté "germanique" ça (où que tu ailles dans le monde, il y a toujours des Allemands) ! Nous sommes depuis moins d'une minute dans l'eau que la valse des corbeaux commence. Pas de pot pour eux, je n'ai rien laissé des muffins, croissants, chocolatines et cakes de mon assiette. Na !



Le temps de récupérer enfants et mari, et direction chez Véro pour le scrap. Annie et moi uniquement aujourd'hui, face au kits de la marque pour laquelle travaille Véro. Plusieurs kits sont proposés, avec des formes diverses et variées. La première difficulté est donc de choisir le sien. Et ensuite d'essayer de placer les photos. Les différentes étapes s'enchaînent au rythme des histoires-déboires d'Annie. Découpes faites, fonds choisis, photos collées, tout est prêt pour la dernière étape, la plus ludique, la décoration. Annie, qui est partie sur une forme ronde, s'essaye à une sorte d'effet vaporeux à la craie, notre "sfumato" à nous (vous avez vu les copains de tourisme, il y a des restes des cours d'histoire de l'art de Simone). Au final, deux résultats totalement différents malgré un thème commun.
Les fleurs de Rhodes, version Annie
Et on finit en beauté avec la séance ciné, les pieds dans les flaques. Ce soir, c'est "Epic" et son histoire d'hommes-feuilles. La nature est à l'honneur aujourd'hui. Je voulais enchaîner avec la soirée salsa au Kemp (tous les mercredis soirs), mais mes pieds couverts d'ampoules ont refusé ! J'ai déjà essayé 3 paires de chaussures différentes pour danser, rien n'y fait, constat sans appel, je ne suis pas à l'aise, ça frotte et ça coince ! Comme dit un célèbre proverbe alsacien dont je vais vous traduire la pensée, "pieds de paysans dans des chaussures de ville" (oui les alsaciens, tout comme les Québécois, sont des poètes et ont des expressions très imagées) ! Même les chaussures "pourries" avec lesquelles je dansais jusqu'à présent, et dont je pensais qu'elles étaient, depuis tout ce temps, faites à mes pieds à la noix de coco, me font souffrir. Souffrir physiquement, car j'ai des ampoules à pouvoir éclairer tout un quartier de Djibouti, et moralement tellement c'est la honte avec ces couleurs passés, ces trous, ces semelles qui se décollent, et j'en passe ! Donc au retour de mission de Raf, plus d'excuses, mise en pratique des leçons, avec ou sans chaussures, avec ou sans partenaire ! Juré, craché !

Bons baisers de Djibouti !