07 décembre 2012
Préparation du sapin
Lundi 03 Décembre
Le temps d'amener les enfants à l'école, et je rentre troquer ma casquette de maman contre celle de Bree. Au programme, repassage, entre autres corvées. Je mets la radio (oui toujours la même, celles des forces armées américaines). En plus de la country, la programmation penche vers Noël maintenant, à coup de chansons qui disent "I'll be back for Christmas" ! Toi peut être, mais pas moi ! Il y a de quoi avoir le bourdon. Pour une radio qui est sensée soutenir le moral des troupes, c'est pas malin de passer ce genre de chanson si le pauvre GI ne rentre pas chez lui pour les fêtes ! Mais bon, ce que j'en dis moi.... ! Et au milieu de ça, la chanson "Blue Bayou" et je pense fort à ma maman (et à ma cassette audio sur laquelle figurait cette chanson-eh oui je suis de la génération qui a encore connu ça- de chansons allemandes du hit-parade comme on disait à l'époque. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, j'ai dû la faire disparaître pour qu'on ne puisse pas s'en servir contre moi ! LOL). Et là mon esprit vagabonde, et j'ai chaud, j'ai chaud ! Et je pense qu'il faudrait organiser un "Isabellethon" : "Mobilisez-vous, cette famille a besoin de vous. Envoyez leur des débardeurs, des bombes d'eau minérale, des ventilateurs, mais aussi des nuages, de la pluie, de la fraîcheur, des fromages qui ne coûtent pas autant qu'un sac Chanel, des yaourts qui ne sont pas fermentés, des céréales qui ne sentent pas le carton, et surtout, surtout, de l'eau non salée pour éviter de s'irriter les "parties sensibles" lors de la douche !! Un grand merci à tous". Moi qui dit toujours que mes fils ont une imagination débordante, je vois en me relisant que moi aussi !
Bon, je vais mettre un terme à ma pause et me remettre à la tâche, je vais nettoyer le salon pour installer le sapin. Ce que les enfants et moi faisons pendant l'après-midi. Je pensais avoir pris pas mal de stock de boules, au final, nous avons tout mis. Je crois que d'ici à l'année prochaine, je vais posséder quelques boules estampillées Djibouti. D'ailleurs, il me manque toujours une pointe et je n'ai pas de guirlande électrique. Ca manque un peu de couleur. Je pense que je vais acheter une guirlande colorée pour égayer un peu tout ça. C'est Noël quand même (euh en regardant dehors, j'ai plutôt l'impression d'être le 14 juillet ou le 15 août). Moi qui aime tant cette période d'habitude, j'ai vraiment du mal à "adhérer" cette année, pas trop le coeur à faire le sapin, à préparer mes menus, les bredele,... Je ne suis vraiment pas dedans avec ce qui m'entoure. Noël à Djibouti, ça fait vraiment "éléphant dans un magasin de porcelaine" ! Ca ne colle pas, ça ne va pas ensemble. C'est comme tous ces gens qui partent sous le soleil au moment de Noël, je n'ai jamais réussi à comprendre, j'en suis même à les plaindre un peu (mais bon c'est mon avis, ça n'engage que moi). Bon, on verra bien ce que ça va donner tout ça !! Il suffit de s'y mettre je suppose et ça va aller tout seul. Le Père Noël a bien au moins une carte pour arriver jusqu'ici !
Soirée tranquille, Raf regarde une série de science-fiction, et moi je prépare toutes mes affaires pour demain, je dois faire mon désormais traditionnel "pèlerinage" sur la base pour paperasse (vous savez, les célèbres "tracasseries administratives"). Il va me falloir des forces, donc au dodo !
05 décembre 2012
C'est moi le chef !
Dimanche 02 Décembre
Aujourd'hui, c'est mon 1er jour officiel en tant qu'accompagnatrice de bus avec les enfants. Le temps d'amener Gab à la maternelle, nous allons au point de R.V.. Je suis prête, ma liste de présence à la main afin de cocher les enfants au fur et à mesure de leur arrivée (il s'agirait de ne pas en oublier). Je suis un peu fébrile tout de même, c'est une responsabilité, et en plus, les deux dernières fois que j'ai pris le bus, il y a eu son lot d'imprévus, et je me suis vue accompagnatrice au lieu d'observatrice, à cause de la défection de dernière minute des parents ! Qu'est ce qui va m'attendre aujourd'hui ? Mystère et boule de gomme ! Dans mes réflexes tout "germaniques", je suis donc 10 bonnes minutes en avance, vous me connaissez ! Et là, Geoffrey et moi attendons, attendons, attendons,....Les enfants arrivent au compte goutte vers 08h-08h05 ! Le bus n'était pas très en avance ce matin lui non plus, mais quand même, je trouve ça exagéré ! Il a même fallu téléphoner à un parent car il manquait encore son fils ! Même notre chauffeur Ali me montre qu'il est l'heure d'y aller (si lui le dit, c'est que vraiment, il est largement temps !). Nous partons il est 08h10 passé ! Le bus de la ligne D4 qui est aussi dans notre rue est déjà parti depuis au moins 10 minutes, comme d'hab ! Sur cette ligne au moins, les parents sont à l'heure, tandis que sur la nôtre, c'est la galère ! Même le deuxième parent qui accompagne avec moi est en retard !Pff!! J'ai bien envie de le signaler à la responsable de la ligne, quitte à faire ma "mère ronchon" à peine arrivée, mais bon, il est peut être bon de faire un petit rappel quant au respect des horaires. Les parents de la D4 y arrivent, il n'y a pas de raison que ceux de la D5 ne le puisse pas ! La route se passe bien, si ce n'est que nous sommes obligés de traverser un terrain vague à cause de travaux, et faisons du bus-4 (contraction de bus et 4x4), mais le bus n'est vraiment pas fait pour ça. Si nous restons bloqués, ça risque d'être fun! Ouf, non ! Le temps d'arriver, nous entendons déjà la cloche sonner, nous conduisons les 2 plus petits à leur classe, les autres y vont seuls. Moins une, d'autant plus qu'en arrivant, pas moyen de garer le bus, alors que les emplacements sont réservés pour faire descendre les enfants en toute sécurité. Ah oui, la police est là pour faire la circulation, c'est pour ça que c'est l'anarchie ! Les agents ont laissé les voitures privées se garer à la place des bus, ce qui a rendu furieux un papa qui s'est empressé de téléphoner au commissariat pour le signaler, devant les agents qui n'en avaient visiblement rien à faire (pour ne pas dire pire). Je crois bien que des "noms d'oiseaux" ont volé entre le papa et les agents !
Bon retour à la maison, il me reste un peu plus de 2 heures avant de repartir. Un petit tour à Djibouti Télécom pour souscrire un nouvel abonnement internet (et ne plus laisser mes fans en rade LOL). C'est enregistré, mais je dois revenir payer plus tard, je ne peux pas avoir la facture avant la fin de la souscription précédente, soit lundi 3 décembre (le jour c'est le jour, tiens les Allemands seraient ils passés à Djibouti aussi ?). Ben oui, je n'ai que ça à faire après tout ! Bref, il est temps de reprendre le bus pour chercher les grands. Je suis seule à l'arrêt, le parent n°2 est de nouveau en retard (il doit tout gérer seul, sa femme est en stage au Gabon, il court entre le boulot, les enfants, leur faire à manger, les courses,... Bienvenue dans le monde des femmes mon gars, nous on fait ça tous les jours 24h/24, 365 jours par an !). Bon, tout se passe bien, comme d'habitude, les enfants sont excités comme des puces, et comme d'habitude, des parents ramènent leurs enfants eux-mêmes sans nous prévenir et nous attendons pour rien ! J'ADOOOOOOOORE ! Il est temps de rentrer, Geoffrey et moi avons le ventre qui gargouille, il est 13h20 déjà. Le temps de faire à manger, Raf me raconte la blagounette de Gabriel à l'école : c'est lui qui était chargé de le chercher, mais seule l'Atsem le connaît, la maîtresse ne l'avait pas encore vu. Et quand Raf a réclamé Gabriel, et que la maîtresse lui a demandé si c'était bien son papa, Gab a répondu que non ! Du coup la maîtresse n'a pas voulu lui laisser ! Quel comique mon fils ! Ca s'est arrangé, l'atsem a confirmé, mais mon Raf a passé toute la journée à refuser les choses que Gab lui demandait en disant "ben non, puisque je suis pas ton père. Vas lui demander à lui" !!
Après-midi calme après un petit coup de fil à ma soeur et une conversation avec ma Vivi. Et toujours pas ce coup de téléphone tant attendu qui nous annoncerait enfin que la voiture est prête. Bon, pour me consoler, je vais préparer des spaghettis bolognaise. Puis me replonger dans mon roman. Bonne soirée à tous.
04 décembre 2012
Petite matinée au port
Samedi 1er Décembre
Je viens de passer 24h telle une larve, à me traîner de mon lit aux toilettes, et des toilettes à mon lit. Vous l'aurez compris, la petite bactérie qui fait de gros dégâts intestinaux a encore frappé, et c'est moi sa victime. Bon, il faut dire qu'en plus, je me suis un peu lâchée sur le chocolat hier, le verdict ne s'est pas fait attendre. Je vous épargne les détails, mais j'ai passé une nuit d'enfer (et seule puisque Raf avait décidé de déménager provisoirement dans le salon -euh le curé n'avait pas dit "dans la maladie comme dans la santé" ? Il me semble pourtant ! ). Résultat des courses, du linge à laver en pagaille (comme si je n'en avais pas assez), des toilettes que j'ai nettoyées je ne sais combien de fois, un stock de papier qui a chuté d'un coup (merci les gros volumes), un dégoût profond du chocolat pour un certain temps, un super régime smecta-riz, sans oublier que j'ai les traits tirés, des valises sous les yeux et que donc je suis aussi sexy qu'un égouttoir à vaisselle (celle là c'est spéciale dédicace à Marie-Paule). Bref, un épisode à oublier de toute urgence. J'espère au moins qu'avec tout ça, je vais avoir perdu une taille de pantalon ! Ce ne serait que justice !
Ce matin, je vais bien mieux. Heureusement, car nous avons une matinée chargée. Lever à 06h, Geoffrey a école. Je prépare des gaufres car nous sommes invités chez Aimé et Sacha pour le petit déjeuner ce matin. Leur maison est spacieuse, claire et joliment décorée de nombreux objets et meubles africains. On s'y sent bien. Nous prenons le petit déjeuner installés dans une véranda, tout y est, croissants, petits pains au chocolat (pardon, chocolatines pour nos amis Girondins !), mes gaufres et les pancakes d'Aimé, avec sirop d'érable of course. Nous sommes comme des rois. Après le petit déjeuner, nous partons pour la Pêcherie, afin d'acheter du poisson. Elle est située sur le port, après la zone de frêt. Pas mal de bâteaux stationnés, certains très beaux, d'autres à l'abandon ou très abîmés. A peine arrivés, les vendeurs nous tombent littéralement dessus ! Ils vendent à même le quai, les poissons sont entreposés dans des glacières. Sacha sait ce qu'elle veut, on voit qu'elle a une grande expérience de l'Afrique. Et il en faut pour ne pas se laisser vendre tout et n'importe quoi et imposer son choix. Ne pas perdre patience avec le gars qui veut lui vendre des daurades alors qu'elle veut des mérous (et pourtant tous ces hommes n'ont pas appris les techniques de vente dans les grandes écoles de commerce) ou avec celui qui veut lui dicter quelle taille de poisson elle doit prendre. Et une fois fini avec ça, il faut encore trouver le courage et la force de négocier les prix. Nous sommes arrivés un peu tard, il ne reste pas grand choix, il vaut mieux aller le matin vers 07h30. Je voulais des crevettes et des gambas, ce sera pour une prochaine fois. Au final je prends du capitaine, je ne connais pas ce poisson, il paraît que c'est très bon. Tous les poissons sont très frais ici, ils sont vendus dès la sortie de l'eau, comme à la Criée. Nous payons, et ensuite, il faut aller les faire préparer. Nous suivons nos vendeurs de l'autre côté du port pour la découpe. Inutile de croire qu'on va se tromper de chemin, il suffit de suivre mouettes et corbeaux. Nous arrivons sur un terrain vague (oui, encore un, c'est toujours une histoire de terrain vague ici). Chaque "découpeur" a délimité sa zone de découpe par quelques pierres mises en rond, avec un carton au milieu (alors sur le coup, je me serais cru sur un site Préhistorique) . La découpe se fait là, au milieu des chats errants, et des oiseaux qui se chamaillent les restes de poissons qui leur sont lancés. Il y a quelques têtes de poissons séchées ici et là sur le sol. Et quelques "cabanes" (et là je suis gentille) dont une qui vend les sachets (ou poches, toujours pour nos mais Girondins) pour emporter le poisson. Eh oui mes amis, ici tout est prétexte à faire de la vente (à noter pour la prochaine fois, amener mon sachet).
Le poisson est découpé à la machette (euh Monsieur, faites attention, c'est tranchant ça quand même) et écaillé avec un couteau tout aussi "ennemi n°1 de vos doigts". C'est vraiment étrange le décalage entre le poisson frais et tout cet espèce de bidonville autour. En tous cas, aucun des oiseaux autour de nous ne souffre de malnutrition. Nous payons les "découpeurs" et retour à la voiture, nous ne manquons pas de nous faire accoster à nouveau pour acheter d'autres poissons. Retour chez Sacha et Aimé, nous parlons des "bredele" de Noël que Sacha a choisi dans mon classeur, et RV est pris pour samedi prochain afin de les faire ensemble.
R.A.S. en ce qui concerne l'après-midi. Nous avions envisagé la plage un petit moment, mais RV manqué une nouvelle fois, Geoffrey semble avoir un petit dérangement identique au mien hier, nous reportons encore. Désolée, toujours pas de belle photo de plage sous le soleil. Patience ! Peut être un cadeau pour votre petit Noël (et le mien en passant, ça fait quand même 1 mois que je suis là, et toujours pas de plage). Bisous.
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