21 mars 2013

Matinée visite chez Benetton

Mercredi 20 Mars


Depuis mon aventure à Maskali, je suis en train d'opérer ma mue. Mon super bronzage est en train de se faire la malle au fur et à mesure que je pèle. C'est affreux, je pars en lambeaux (par la même, je crois être remontée aux origines de l'expression "vieille peau" !). Peur ceux qui étant petits, ont fait l'expérience de se badigeonner le doigt avec de la colle en gel, de laisser sécher, et puis de tirer dessus, ça fait pareil. Comme une petite pellicule. C'est ce qui arrive à ma peau. On me suit à la trace, c'est...beurk ! Si encore je gardais mon bronzage, je n'aurais pas souffert pour rien. Mais non, en-dessus, j'ai la peau rose "cochon de lait". Pff, tout ça pour ça ! Du coup, je mets des t-shirts (malgré la chaleur, c'est vous dire si ça me coûte) pour essayer de cacher au mieux le désastre, pour un résultat mitigé au final, tout le monde a remarqué que j'étais bicolore !


Benetton Djibouti

Nous sommes gâtées
Cela me donne la transition idéale pour vous parler du programme de ma matinée, à savoir une visite de "United Colors of Benetton" ! Nous sommes une quinzaine de personnes, en majorité de la gente féminine (eh bien oui, la visite va se terminer par une virée shopping dans le magasin). Notre hôtesse se nomme Elena, c'est une vrai italienne "trrrès design" (vous avez remarqué, les Italiens adorent le terme de "design", ils l'emploient souvent. Bon OK, ils sont forts dans ce domaine), coquette, couleur à la mode, vernis fashion, et cette gentillesse, cette chaleur, tous les parfums de l'Italie. Il y a aussi Isabelle, une française qui travaille avec elle, tout aussi charmante. Nous sommes accueillies avec du café, du thé et des viennoiseries, pour un petit déjeuner dans le jardin.  Une fois dans de bonnes conditions et réceptives (ça ne pouvait pas mieux commencer), nous débutons la visite par la solderie de la marque. Promos et bons prix tout au long de l'année. Tout est bien rangé, propre et clair. Elena nous montre ensuite l'entrepôt dans lequel se trouve le stock, et nous explique le cheminement des articles depuis l'Italie et la difficile gestion du stock (face aux Européens ayant l'habitude de trouver tous les coloris, toutes les tailles et pointures, et voulant que le magasin se renouvelle toutes les semaines). Nous visitons ensuite la concession automobile, car oui, Benetton vend aussi des voitures (ce que j'ignorais totalement. A part les vêtements et leurs campagnes de publicité souvent controversées, pour moi, ça s'arrêtait là) sous la marque JAC (alors si j'ai bien retenu, le moteur est chinois et brésilien, le reste est italien, design oblige !). Il y a de petites citadines, mais aussi de belles berlines, et des voitures plus familiales. Il y a aussi la partie garage, car le groupe s'occupe du service après-vente, de l'entretien et de la réparation des véhicules. Au premier étage de la concession, nous découvrons la partie vente d'électroménager (deuxième surprise), Benetton commercialise aussi des frigos, machines à laver, climatiseurs, cuisinières,... Encore un petit arrêt pour se désaltérer et se restaurer avant d'attaquer la partie shopping en guise de feu d'artifices.



Le magasin de vente comporte une bonne partie dédiée aux produits Chicco, tout pour le bonheur des bébés. L'autre partie du magasin se divise en petits coins chaussures, maroquinerie (avec magnifiques pochettes de soirée) et habits hommes, femmes et enfants. Presque impossible de ressortir sans un petit article au moins, d'autant plus que nous avons droit à 15% de remise sur nos achats. Je prends deux débardeurs pour mes garçons, et un petit article pour ma chipounette de filleule (il faut bien que sa marraine la gâte un peu, déjà que je ne la vois pas souvent, et c'est fait pour ça les marraines). Matinée sympathique, nous remercions chaleureusement Elena et Isabelle pour leur accueil. Encore une bonne adresse pour faire son shopping ! 



Nouvelle activité

Samedi 16 Mars


Ce matin, j'ai RV avec Patricia pour aller dans une petite agence de loisirs située dans le Kemp afin de réserver notre prochaine sortie de vendredi (je ne vous en dis pas plus, il faudra patienter un peu pour savoir ce que nous allons faire). Sur place avant 9h, nous apprenons que l'agence n'ouvre qu'à 10h. Pas de quoi entacher notre bonne humeur, direction le centre ville pour déguster un bon verre de jus de fruits chez Mahad. Nous choisissons le cocktail de fruits, c'est un peu la surprise du chef, il y met ce qu'il a sous la main. Alors nous avons reconnu la pastèque, la goyave, la papaye, et après c'est plus confus. Tout ce mélange donne presque une purée de fruits dans laquelle la paille tient droite au milieu du verre, sans tomber (oui maman, comme la soupe aux légumes que j'adore, dans laquelle on peut planter la cuillère en bois sans qu'elle ne tombe). Le "souci" (qui n'en ai pas un) quand tu sors avec Patricia, c'est qu'elle connaît beaucoup de monde, tu ne peux presque pas faire 2 pas sans t'arrêter pour saluer et discuter, avec des français, avec des djiboutiens  (Ca me fait penser à quelqu'un, lol, elle se reconnaîtra). Retour à l'agence, nous finalisons nos réservations et passons à la caisse ! Puis elle m'amène faire 2-3 courses avec elle : elle passe déposer du linge à une amie (plus d'eau depuis 3 jours, toilette dans le jardin en maillot de bain avec le tuyau du jardinier, plus de lessive, plus de vaisselle,...) pour la dépanner car ici, mieux vaut ne pas remettre les mêmes habits 2 jours de suite. Puis elle décide de me conduire chez le boiteux ! Non, ce n'est pas un sorcier-marabout (vu le nom, je pensais avoir à faire à une personne), mais le nom d'une chaîne de magasins de "prêt à porter" (alors le prêt à porter ici, n'est pas le même qu'en France, c'est un terme un peu pompeux pour désigner un magasin d'habits, maroquinerie et chaussures). Il y a beaucoup de choix, hommes, femmes et enfants. Mode locale, et européenne. Les boubous africains côtoient les robes décolletées, tout est coloré, c'est très sympa pour aller à la plage ou à porter ici, mais certains vêtements ne sont pas trop portables en France, hors de chez soi (ou alors pour Carnaval !). "Ah toi, t'as vécu en Afrique quelques temps ! ". "Ben comment tu sais ?" "Oh, une intuition !". Bon, il y en a quand même qu'on pourra ramener en France (s'ils sont toujours en état, ça c'est pas gagné). Voilà, à présent, je connais le boiteux !

Le thème choisi : Lily

A peine le temps de récupérer mes hommes et de déjeuner, que mon portable sonne, c'est Annie, de la section cuisine du club. Elle me demande si j'ai des projets pour l'après-midi, car il y a une activité qui me plaisait  (mais était déjà complète), et suite à un désistement de dernière minute, il reste une place. J'accepte, Raf restera s'occuper des enfants. R.V. 1 heure plus tard devant le restaurant la Pergola, pour aller toutes ensembles (nous sommes 4), car l'atelier auquel je vais participer se passe chez l'habitant. Il y a Annie, Patricia et Rachel, que je connais déjà du cours de viennoiseries du Kemp. Nous sommes accueillies chez et par Véronique, notre animatrice, une copie de Demi Moore dans sa période cheveux très courts. Mais il est temps de vous dire ce que je vais faire au cours de l'après midi. Le matériel à fournir : 5 photos ou cartes postales sur un même thème, une règle, un cutter et un crayon de papier. Vous avez deviné, je participe à un cours de scrapbooking. C'était le métier de Véronique avant de venir sur Djibouti, et elle continue à donner des cours ici. Pour nous mettre dans l'ambiance, elle nous montre des albums qu'elles a réalisés, notamment celui de son mariage, qui était pour le moins original à l'image de la mariée, robe rouge courte devant et longue derrière, et costume noir avec cravate rouge pour le marié, très réussi, à 1 milliard d'années lumières de ma robe blanche meringue (que j'adore toujours même si c'est passé de mode). Elle nous a également montré des albums de photos de vacances, ou même des faire-parts qu'elle réalise. Et là on mesure le fossé qui nous sépare. "Euh, combien d'années d'études pour en arriver à ce niveau ?". Elle nous parle un peu de son activité, nous montre le matériel, et c'est parti. La première étape, consiste à choisir la ou les photos sur lesquelles on travaille. C'est du scrapbooking européen que nous allons faire, et non de l'américain. Le premier accorde plus d'importance à la photo, le décor est secondaire, pour le scrapbooking américain, la photo passe en second plan, le décor est très important, il faut mettre des décorations, des frises, des frous-frous,... Les photos choisies doivent s'accorder entre elles, avoir une harmonie dans les couleurs. Rachel a choisi une photo de son mariage, Annie trois d'un paysage maritime breton, Patricia deux du séjour de sa fille à Djibouti, et moi trois de ma chipounette de filleule. Il faut ensuite choisir les formes à donner aux photos (octogone, rond carré, oval,...) car elles vont s'imbriquer les unes dans les autres. Véronique passe nous donner les explications à tour de rôle, car nous n'avançons pas toutes à la même vitesse. Une fois la forme choisie, il faut tracer au feutre les contours puis découper la photo. C'est à ce moment que Véronique nous sort toutes ses grilles et ses équerres graduées pour positionner correctement nos photos sur le futur fond (et là on regrette de ne pas avoir bien écouté en cours de math et de géométrie). Une fois que tout est droit, les photos sont collées momentanément ensembles pour les placer sur un fond de couleur qu'il faut choisir. Il faut ensuite replacer les photos sur la grille pour les remettre en bonne place, les encoller, et les coller sur le fond de couleur (le tout à l'envers, sinon c'est pas drôle). On délimite le futur cadre (au crayon de papier, car au début il y a des ratés, croyez-moi) puis on trace le texte (s'il y en a) et les pochoirs (pareil).

La découpe
On repositionne les photos



On peut commencer la partie "dessin je m'éclate". On repasse sur les trames du crayon de papiers avec les stylos gel (en évitant si possible de respirer pour ne pas dépasser et faire des coulures) et le résultat apparaît.
Choix du fond et tracé du cadre et du texte
 
Pour un premier jet, nous sommes contentes de nos oeuvres. Il est déjà 19h, nous remercions notre hôtesse pour son accueil et sa gentillesse, et rentrons montrer le fruit de notre labeur. Alors je ne sais pas pour mes camarades de jeu, mais moi j'ai eu droit à des "4 heures pour faire ça ?" (sous-entendu, c'est quand même pas compliqué ). Pff, connaissent rien à l'art ! Moi je suis pas mal contente de ma première expérience de scrapbookeuse, et je remets ça le 27. Qui vais-je couper et scrapbooker ? Je ne sais pas encore. Mystère ! Réponse dans une prochaine aventure.



Ma louloute est scrapbookée !

17 mars 2013

Maskali

Vendredi 15 Mars



Un petit bout de paradis

Petite journée en famille, nous allons vous faire rêver un peu et illuminer votre salon. Attention caliente, les températures vont grimper, lunettes de soleil de rigueur. Nous nous rendons sur l'île de Maskali, à environ 15 km de Djibouti. Elle fait partie d'un chapelet d'îles situées dans le golfe de Tadjourah. Ces îles plates, créées par le récif corallien, sont des lieux de détente très prisés.

R.V. à la Pêcherie à 8h15 pour procéder à l'embarquement. Nous sommes 20 personnes au total, il y aura deux bateaux, un de 12 places, et un de 8. Séverine, une des responsables de la section du Club "Djibouti par la mer" répartie les familles. Il faut bien 10 minutes pour embarquer tout le matériel, les glacières, affaires de plage et de plongée et les lits parapluie des 2 bébés qui nous accompagnent. C'est que des familles partant une journée en excursion avec des enfants, c'est toute une logistique. Et encore, c'est le Club qui a organisé le déjeuner, nous n'avons que les boissons à apporter.
Nous embarquons sur le bateau 8 places avec une autre famille, même style de bateau que pour notre sortie requins-baleines. Tous les voyants sont au bleu (ciel, mer), nous enfilons les très glamours gilets oranges (nous aurions eu bien besoin qu'un mannequin célèbre en fasse la pub pour nous sentir moins ... comment dire ? Oranges ? Ben oui Karl Lagerfeld a bien fait l'apologie du gilet jaune !), et c'est parti. La mer est calme, la traversée est donc plaisante. Nous quittons les eaux du port, l'île est quasi en face de Djibouti. Le temps de faire quelques photos d'un navire de guerre et d'un porte containers, le genre du bateau sur lequel voyagent nos caisses maritimes (qui ont l'air empilées comme les cubes d'enfants, et là on prie pour que sa caisse soit tout en-dessous et pas au-dessus) et nous arrivons déjà. Les eaux sont transparentes et turquoises, la plage est de sable blanc. Sur la plage, il y a des farés qui nous accueillent. Ce sont des "abris" avec un toit très haut en tôle et qui contiennent bancs et tables. Chacun est délimité et séparé du voisin par des sortes de palissades en paille. Tout est bien à l'ombre, c'est parfait pour moi. Nous installons toutes nos affaires, les garçons jouent à faire des châteaux de sable, et moi je ramasse des coquillages et de petits coraux sur la plage. Puis c'est la première baignade de la journée, l'eau est à peine fraîche le temps d'y entrer, et ensuite c'est un vrai bonheur. Un des farés est occupé par des soldates Tahitiennes, nous avons donc du yukulélé et des chants une bonne partie de la journée. Génial !

Des eaux turquoises, une île, du soleil, du sable blanc et des Tahitiennes, ça ne vous rapelle rien ? Comme dirait la pub Bounty, "un petit goût de paradis" ! Et là, nous pensons bien à vous, sous la neige, le froid, le ciel gris, entre les routes bloquées et vos visites chez le médecin à cause des maux de l'hiver ! Toute la matinée, des bateaux vont venir accoster et débarquer des personnes, il y a aussi des petites vedettes des particuliers qui font une halte pour se baigner. Raf s'est endormi sur la paille de plage (il vient de faire une garde de 24h comme policier militaire pour remplacer Bruno qui n'a pas pu rentrer à temps de France pour causes de retards des transports dûs aux mauvaises conditions climatiques). Je vais faire un petit tour de l'autre côté de notre plage. Elle est plus sauvage, bien plus rocailleuse aussi par endroits. Le courant est plus fort, il y a des vagues qui viennent s'écraser contre les rochers. De ce côté, je trouve de la végétation, des buissons et des arbres un peu plus loin. Après quelques centaines de mètres de terrain accidenté, on débouche sur une autre plage et une petite mangrove. De jolies mouettes se promènent sur la plage. C'est cet emplacement que je choisi pour faire mon bonhomme de sable (mais oui, vous le connaissez, c'est le cousin djiboutien du bonhomme de neige), que j'ai promis à Anne (depuis le temps). Clic clac, dans la boîte.





Nous rassemblons un peu les tables pour déjeuner tous ensemble, les hommes s'occupent du barbecue. Au menu taboulé, salade de carottes, chips, brochettes et saucisses ! Des assiettes qui sentent l'été dans un décor de rêve, tout y est. Mes  fils mangent 3 fois chacun (faire des châteaux de sable, se baigner, chercher des coquillages, ça creuse !). La chaleur est arrivée, le soleil picote, nous restons à l'ombre et sous les filets anti-chaleur (mais pas anti-UV, malheureusement pour moi). La petite brise marine du matin s'est calmée, il fait chaud (et nous ne sommes que mi-mars ! Il parait que les îles du coin vont être fermées bientôt, à cause de la chaleur). L'après-midi va être consacré à plusieurs baignades, il est impératif de se rafraîchir, mais de ne pas oublier de sortir de l'eau (sous peine de voir ses mains et ses pieds finir par être palmés, après l'homme de l'Atlantide, la femme de l'Océan Indien !). Vers 16h, nous commençons à tout ranger, les navettes vont revenir nous chercher. Au final, nous embarquons tous dans le plus grand bateau, le second est en rotation sur une autre île. Il y a déjà plus de vagues, Geoffrey est ravi, il se croit dans un manège (on va en faire un marin ?!), on joue à "tape-cul" de temps à autre, on s'accroche à ce qu'on peut. Arrivée sans encombres, débarquement de tout le matériel.

On reprend les voitures, direction la maison. Et là, on constate l'étendu des dégâts ! Raf a un coup de soleil sur le visage et les jambes (mais lui il a la peau mate), les garçons sur les jambes (et Geoffrey sur le visage, il est tout rose chamallow, et il a les yeux enflés comme les poissons qui ont les yeux globuleux) et moi, un peu sur les cuisses (mais ça va encore là, je suis légèrement rose) et surtout sur le visage (on dirait que j'ai un faux nez rouge de clown) et sur les épaules, le décolleté et les dos. C'est bien simple, je suis couleur "framboise écrasée". Mon dos peut servir de pierrade ou de plancha, au choix ! Avantage, les moustiques ne vont pas s'approcher sous peine de finir brûlés à mon contact, inconvénient, à la moindre étincelle, je risque une combustion spontanée (Raf, éloigne toi, on ne sait jamais !). Bref, dans les prochains jours, on va entendre "aïe, aïe, aïe" de tous les côtés, les garçons quand il va falloir mettre les shorts, et moi à chaque mouvement. Chaque fois que je bouge, j'ai l'impression d'avoir été prise dans le "crunch" d'un match "France-Angleterre" (clin d'oeil à Marie-Antoinette) ! La peau me tire de tous les coins (c'est là que je me dis qu'un lifting, ça doit faire mal). Voilà ma punition pour ne pas avoir mis mon t-shirt anti-UV. Depuis c'est crème 2 fois par jour et sortie avec un châle sur les épaules obligatoire (et les copines qui me demandent si j'ai froid ? Non mais vous rigolez, avec un chauffage d'appoint sur le dos ?). Bon, je me soigne, tout va rentrer dans l'ordre sous peu. Et les enfants ont obligation de me gronder si j'oublie de mettre mon t-shirt anti-UV la prochaine fois ! La perspective de gronder au lieu de l'être pour une fois va les motiver ! Quant à Raf, il ne m'a jamais vu aussi bronzée (et pourtant on se connaît depuis longtemps !). Mis à part, ce petit incident de parcours, cette journée a été paradisiaque ! A bientôt Maskali, pour une découverte plus approfondie !